1.Aspects anatomo-clinique

1.1. Commotion cérébrale

Il s’agit d’une notion difficile à saisir par sa définition. C’est un ébranlement des masses cérébrales avec des degrés de gravité divers, mais toujours sans signes de lésions neurologiques focales (le sujet est « sonné »).

Il y a un retentissement au niveau neurovasculaire fonctionnel :

- altération de la vigilance

- Possibles altérations des fonctions cognitives comme la mémoire

- Altérations microscopiques des neurones et de la substance blanche, trop petit pour altérer les fonctions cognitives

- Présentation d’un œdème qui est le résultat d’un processus inflammatoire.

On note une évolution régulière vers une amélioration. Les conséquences sont plus négatives si l’enfant est très jeune.

1.2. Contusion cérébrale

C’est une lésion macroscopique (sui s’étend sur une région) réalisant un foyer de dilacération avec une nécrose hémorragique et un œdème.

Le siège de la lésion est double : le point direct d’impact, mas aussi à l’opposé de point d’impact par contrecoup. Ceci est du à la violence du choc : le cerveau est secoué.

Le tableau clinique :

- coma +/- profond

- perte des réflexes photomoteurs

- divers syndromes neurologique n’apparaissent qu’après le réveil : aphasie, hémianopsie, syndrome frontal,…

La plupart du temps, ces déficits se résorbent spontanément.

1.3. Hématomes intracrâniens

Il s’agit d’une complication toujours grave et assez rare d’un traumatisme crânien. L’hématome comprime le cerveau et se ressent sur les fonctions cognitives en fonction de l’endroit touché.

- il y a dans tous les cas une altération de la vigilance, avec pour conséquence psychologique des comportements d’obnubilation, des idées fixes.

- Egalement, des signes neurologiques focaux (mydriase unilatérale, paraplégie faciale, troubles du langage,…)

a/ Hématome extra-dural

Il s’agit d’un épanchement sanguin entre l’os et la dure-mère, et peut succéder à un traumatisme crânien apparemment banal et peut alors entraîner la mort en quelques heures. L’évolution compressive est très rapide et nécessite une neurochirurgie d’urgence.

b/ Hématomes sous-dural

Epanchement sanguin entre la dure-mère et l’arachnoïde, qui provient d’une déchirure des vaisseaux ou d’une veine de la dure-mère. Dans l’espace sous-dural, la pression sanguine est relativement faible, la tolérance est donc assez longue et il n y a pas de signes immédiats ; la construction tardive de l’hématome.

- Hématome aigu précoce : se révèle rapidement, dans les premiers jours qui suivent le traumatisme. Il s’associe souvent à des contusions cérébrales pouvant masquer la symptomatologie.

- Hématome chronique tardif : se révèle après plus d’une semaine. La collection hémorragique est initialement peu importante mais le volume augmente avec le temps. Es signes psychologiques au premier plan sont les céphalées et des troubles psychologiques affectifs et/ou cognitifs. Il apparaît des signes neurologiques tardifs (paralysies, troubles moteurs, troubles de déglutition,…). S’il est détecté, il peut être traité par médicaments, ou par la cautérisation de la barrière, de manière sélective. S’il est déjà volumineux, cela nécessite une ponction, ou la neurochirurgie en bloc opératoire.

2. Séquelles des traumatismes crâniens

Il existe deux grands types de séquelles possibles

2.1.Déficits neurologiques

Les aspects sont très variés et fortement dépendants de la localisation de la lésion.

Le bilan doit être précis et établi après la reprise de conscience ; on recherchera surtout :

- des signes moteurs et sensori-moteurs de type plégiques ou paralytiques

- des signaux centraux de troubles vestibulaires (surtout dans les traumatismes faciaux avec écrasement du nez ; il s’agit d’un accident courant)

- des signaux de troubles des fonctions symboliques, en particulier de type phasiques et gnosiques

- des signes de lésions des nefs crâniens (par exemple, en ce qui concerne le nerf optique, l’absence de réflexes photomoteurs…)

La récupération est d’autant plus importante que le sujet est jeune. De nos jours, ce sont des équipes pluridisciplinaires qui s’occupent des patients.

2.2.Troubles psychiques

Il est nécessaire de prendre en compte les syndromes subjectifs des traumatisés crâniens, qui est constitué de plaintes subjectives sur un fond de dysfonctionnement fonctionnel. Souvent, il se créé une angoisse faisant suite à a mise en évidence des troubles, à l’idée de perdre définitivement les fonctions cognitives, ce qui a pour effet pour les patients d’amplifier leurs troubles (ce n’est pas rare).

- céphalées pulsatiles (avec les battements du cœur) ou d’allure pseudo-migraîneuse.

- Sensations vertigineuses accompagnées de troubles du système nerveux sympathique fréquents (crises sudorales et bouffée de chaleur)

- Fatigabilité voire détérioration intellectuelle

- Troubles du caractère

- Baisse du contrôle émotionnel

- Troubles du sommeil accompagné d’un élément dépressif, surtout pour les traumatisés graves.

- Parfois, on rencontre des troubles psychopathologiques (hallucinations visuelles ou auditives) chez les traumatisés sévères

Certains patients, souvent ceux qui ont subis un traumatisme mineur, réalisent une véritable névrose post-traumatique.

2.3. Autres troubles

2.3.1. Epilepsie post-traumatique (1% des traumatismes crâniens)

Elle débute à distance, souvent après 3 mois jusqu’à 2 ans. Elle nécessite l’installation d’un traitement chez les épileptiques avec traumatismes (avec ou sans perte de connaissance)

2.3.2. Troubles vasculaires (2%)

Il y a une apparition possible d’anévrismes rompus ou de thrombose d’une artère à destination cérébrale.

Source : Cours de Neuropsychologie - Licence - Université de Dijon